Londres, autre monde,en France,Lyon-St-Etienne, deux villes distances de 40 kilomètres, est un derby, le plus chaud du pays. De l'autre côté de la Manche, les derbys ne sont pas affaire de ville, mais de quartier. Ainsi, à Londres, Arsenal-Chelsea n'est pas considéré comme un véritable derby. Pour tout supporter des Gunners, c'est Tottenham, le voisin du nord, qui est considéré comme le grand rival, l'ennemi juré. Si le mot haine est sans doute trop fort, nous n'en sommes pourtant pas loin. Arsenal-Tottenham, c'est la plus forte rivalité qui existe en Angleterre entre deux clubs. Plus encore que lors du derby mancunien ou celui de la Mersey.
Une histoire qui remonte à 1887, date du premier affrontement entre Gunners et Spurs. Un match qui, pour l'anecdote, n'est pas allé à son terme, interrompu 10 minutes avant la fin par l'obscurité. La véritable rivalité entre les deux clubs a néanmoins réellement pris forme il y a un peu moins d'un siècle, juste avant la Première Guerre Mondiale quand, en 1913, Arsenal a quitté le sud de Londres pour s'installer au nord, à Highbury, tout près de White Hart Lane, l'antre de Tottenham. Le North London Derby venait de naître pour de bon. Né d'une proximité géographique, l'antagonisme entre les deux clubs allait être cimenté quelques années plus tard lors d'un épisode célèbre. En 1920, lorsque le championnat anglais passa de 20 à 22 équipes, Tottenham, malgré sa dernière place, aurait dû sauver sa place dans l'élite. Mais ce fut finalement Arsenal, seulement 5e du classement final en deuxième division, qui fut promu, rejetant Tottenham à l'étage inférieur. La rumeur raconte que le président d'Arsenal, Henry Morris, y est allé de quelques dessous de table pour convaincre les dirigeants de la fédération. Mais rien n'a jamais été prouvé.
Depuis lors, chaque confrontation entre Gunners et Spurs tourne une page de plus dans la génèse commune des deux clubs. Le match de samedi marquera le 163e duel. Au fil de cette longue histoire, chaque camp a eu l'occasion d'emmagasiner son lot de bons souvenirs, qu'il se plait à rappeler au voisin. Un petit jeu sans fin, de ceux qui font le sel des discussions et la légende des grands derbies. Pour Tottenham, les jours heureux sont néanmoins plus lointains que pour Arsenal. Les Lilywhites n'ont en effet plus gagné depuis 19 matches en Premier League (ils se sont imposés 5-1 en janvier dernier en demi-finale de la Cup) face au grand rival. Il faut remonter à novembre 1999 pour trouver trace d'une victoire des Spurs. Quant à un succès en terre ennemie, à Arsenal, il faut grimper encore plus loin, jusqu'en 1993. "Pas besoin de nous faire un dessin. Nous savons que les fans attendent de nous une victoire contre Arsenal. On le sait tous", assure Robbie Keane,capitaine des Spurs. L'attaquant irlandais est bien placé pour le savoir. Arrivé au club en 2002, il n'a encore jamais battu les Gunners.
Si vous voulez donner à coup sûr le sourire à un supporter des Spurs, parlez-lui de la demi-finale de Cup 1991. A Wembley, Arsenal partait largement favori. En route vers le titre de champion, les Gunners de George Graham rêvaient encore d'un doublé qui se profilait. C'était sans compter sur Paul Gascoigne, auteur d'un fabuleux coup-franc en pleine lucarne après seulement cinq minutes de jeu. Battu 3-1, Arsenal n'a toujours pas digéré cet accroc. 20 ans plus tôt, presque jour pour jour, les Gunners avaient arraché le titre de champion à la dernière journée, en s'imposant 1-0 à... Tottenham, grâce à un but de la tête de Ray Kennedy à trois minutes de la fin.
Les générations passent mais la rivalité perdure. Elle offre souvent des matches complètement fous, y compris ces dernières années. En novembre 2004, Arsenal s'était imposé 5-4 à White Hart Lane au terme d'une seconde période à la limite du vraisemblable. Plus près de nous encore, il y a tout juste un an, le 29 octobre 2008, les Spurs, menés 4-2 sur leur pelouse à deux minutes de la fin, avaient finalement obtenu le point du nul (4-4) avec deux buts de Jenas et Lennon. C'était le tout premier match d'Harry Redknapp à la tête de Tottenham. Depuis, les Blancs ont repris des couleurs, au point de vouloir s'immiscer dans le "Big Four". Malgré les absences de Defoe (suspendu) ou de Lennon, ils n'ont pas semblé aussi bien armés depuis longtemps à l'heure de rendre visite à leur voisin de palier.
. Très peu de joueurs ont porté successivement les couleurs de Tottenham puis d'Arsenal ou inversement. 5 Gunners ont ensuite porté les couleurs des Spurs, et 8 joueurs ont effectué le chemin inverse. En plus de 100 ans, c'est peu... Depuis 30 ans, un seul joueur de Tottenham a quitté White Hart Lane pour l'ennemi. Il s'agit de Sol Campbell. Surnommé "le traître" depuis par les supporters des Spurs, Campbell est devenu le joueur le plus détesté de l'histoire de Tottenham.
. Cliff Jones, le légendaire ailier gallois de Tottenham (1958-1969), a joué son premier et son dernier match sous les couleurs blanches face à Arsenal. Il a pourtant failli rater sa première sortie avec les Spurs. Arrivant en retard au stade. Le gardien, qui ne le connaissait pas, ne voulait pas le laisser rentrer. Il fallut faire intervenir Bill Nicholson, l'entraineur des Spurs, pour que Jones puisse entrer. Auteur d'un but, il n'a pas oublié ce match, achevé sur le score de 4-4.
. La plus large victoire d'Arsenal face à Tottenham reste un 6-0 en 1935. Les Gunners se sont également imposés une fois 5-0 à White Hart Lane. De leurs côté, les Spurs l'ont emporté à deux reprises par cinq buts d'écart, en 1912 et 1983.
dimanche 1 novembre 2009
Inscription à :
Articles (Atom)
